Micmac judiciaire au sein de la            communauté juive de Casablanca

 

 

Société | Publié le 21.01.2015 à 12h30 | Par

Ce sont des histoires des plus rocambolesques qui secouent actuellement la communauté juive de Casablanca. En décembre dernier, Yabiladi   publiait un article sur le traitement judiciaire d’une affaire d’escroquerie présumée autour d’une villa voisine à celle du roi à Casablanca. Dans le suivi de ce dossier, nous avons découvert que la mise en cause est également visée par une affaire familiale portée en justice, dans laquelle elle est également accusée d’escroquerie. Sa famille entend mener le combat « jusqu'à ce que justice soit faite », même si elle estime la jeune dame « soutenue par une personnalité influente » du royaume.

 

 

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Casablanca : Zones d'ombres sur une villa voisine de celle du roi, soldée à moitié prix par la justice.


Justice | Publié le 24.12.2014 à 16h45 | Par Ristel Tchounand

Une villa à Casablanca est actuellement au coeur d’une affaire judiciaire peu commune. Elle devrait être mise aux enchères dans les prochaines semaines suite à une décision de justice pour escroquerie à l’encontre de son propriétaire. Se disant lui victime d’un « complot », l’homme se bat pour garder son bien dont l’évaluation met en évidence de nombreuses zones d’ombres.

                                       

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 01/12/2014

L'Économiste Edition N° 3785 du 17/05/2012

une affaire qui  revient sur le devant de la scène judiciaire

 

Le mort «ayant saisi la justice» face à ses juges


Un terrain bloqué pour piéger le propriétaire
Deux avocats accusés pour faux, usage de faux et escroquerie…
Nouvelle audience le 22 mai à Casablanca
DE report en report… La prochaine audience de l’insolite affaire du mort «ayant saisi la justice» a été fixée au 22 mai. A
Casablanca, le tribunal de 1re instance d’Aïn Sbaâ a tenu compte des requêtes de la défense. Celle-ci a sollicité un délai
supplémentaire au président de l’audience, Hassan Jaber, pour mieux consulter le dossier d’accusation.
Fait rarissime. Deux avocats du barreau de Casablanca sont accusés à des degrés divers de production de certificats et
attestations contenant des faits erronés, de faux et usage de faux en écritures privées et d’escroquerie… Ce dernier délit
est à lui seul puni par le code pénal de 1 à 5 ans d’emprisonnement et d’une amende de 500 à 5.000 DH.
Moustapha Bnou Hajar est l’un des acteurs clés de ce procès. Agé de 55 ans, taille de basketteur, mèches ébouriffées et
grisonnantes… ce vétéran des palais de justice est passé du jour au lendemain de l’autre côté de la barre. Il est
aujourd’hui poursuivi tout en étant sous contrôle judiciaire. Ordonnée durant l’instruction, cette mesure a, selon les cas,
une portée variable: interdiction à la personne visée de quitter le territoire national, retrait du passeport, dépôt d’une
caution…
Le second accusé, Allal Naciri, n’a pas assisté à l’audience du mardi 8 mai en raison de son état de santé. Le portrait
que lui dresse la partie civile rappelle celui d’un fonctionnaire sorti tout droit d’un feuilleton égyptien des années 1980.
Naciri, père de trois enfants, est «un homme aux lunettes de taupe sans histoire. Un monsieur tout le monde à qui on
donnerait le bon Dieu sans confession».
Comment deux avocats se trouvent-ils aujourd’hui au banc des accusés?
En 2010, Naciri, avocat sexagénaire, intente une action au civil contre Benjamin Ben Chetrit. Il revendique un prétendu
accord de vente liant son client, Henry Ohayon, et le groupe Bolloré. Le but est de faire aboutir la vente via un jugement
et mettre ainsi en toute «légalité» la main sur un terrain situé à Anfa. L’avocat prend au préalable le soin d’inscrire une
prénotation sur le titre foncier. C’est une procédure juridiquement ravageuse. Prévue par le code foncier, elle a pour effet
d’immobiliser un bien et donc les droits de propriété: ni vente, ni location… Le bien objet du litige s’étale sur presque
3.000 m2. Son vrai propriétaire n’est autre que Ben Chetrit. Ce promoteur immobilier, passionné de voiliers, est l’homme
par qui le scandale a éclaté. Il l’avait initialement acquis auprès de Bolloré pour 2,85 millions d’euros.
Face à de telles procédures, quelles options se présentaient à Ben Chetrit?
«Vu qu’un tel litige risque de perdurer, mon avocat, Bnou Hajar, m’a recommandé de régler l’affaire à l’amiable. Pour
obtenir la mainlevée, je lui ai remis un chèque de 500.000 DH qu’il devait remettre à son confrère», déclare l’homme
d’affaires franco-marocain. L’affaire ne sera pas réglée pour autant. Une erreur de date s’est «glissée» dans l’acte. La
prénotation dont il est question a été inscrite en octobre 2008 et non pas octobre 2005. Du coup, la conservation
foncière d’Anfa rejette la mainlevée fournie par le propriétaire du terrain. Au lieu de corriger spontanément l’erreur, Naciri
exige 2 millions de DH supplémentaires pour le faire.
Ben Chetrit décide alors de se tourner vers la justice. Il finit par gagner son affaire même en appel. Une grande
découverte est faite par la même occasion. Le client au nom duquel Naciri a initié une action judiciaire est… décédé en
octobre 1999!
Même la Cour d’appel de Casablanca en prend acte dans son arrêt du 11 mai 2011. Curieusement, l’avocat n’a fait
l’objet d’aucune convocation. Ni le barreau, ni le parquet n’ont jugé bon de tirer au clair cette affaire. Révélé sur nos
colonnes le 1er août 2011, ce dossier surréaliste suscite un vif intérêt au ministère de la Justice. Suite à quoi le
procureur général du Roi diligente une enquête un jour seulement après nos révélations. Ohayon, le mort «ayant saisi»
la justice, a bel et bien existé. Il est enterré au cimetière israélite de Ben M’sick à Casablanca! Décédé à 65 ans, ce
coiffeur de profession a eu pour le moins une vie ayant sa part de mystère. Avec en prime un message post-mortem: «Il
ne faut jamais réveiller un mort»! Nos deux avocats l’ont appris à leurs depens.
«Personne fictive»
DEVANT les enquêteurs, l’un des deux avocats accusés, Allal Naciri, soutient «avoir agi suite à la demande
du représentant légal d’une société dite BCI». Ce fameux «représentant» s’appelle Youssef Mokhliss.
Aucune preuve pour corroborer ses propos. Dans son rapport, le juge d’instruction, Omar Kassi, relève une
contradiction: «Si la société BCI est à l’origine de la procédure, pourquoi ne figure-t-elle sur aucune des
requêtes formulées par Naciri?». Il en conclut que le soi-disant client est une «personne fictive». Ohayon,
lui, est six pieds sous terre depuis plus de 10 ans déjà. Reste le rôle du second avocat dans ce dossier.
Mustapha Bnou Hajar défendait pourtant les intérêts de Benjamin Ben Chetrit. Il nie être à l’origine des
prénotations abusives initiées par son confrère. Quant au chèque remis par Ben Chetrit, «il s’agit d’un
règlement d’honoraires», soutient Bnou Hajar lors de l’enquête. L’avocat va jusqu’à déclarer que «ce
chèque s’est avéré sans provision… Raison pour laquelle le plaignant l’a attaqué en justice avant de se
désister». La partie civile le tient pourtant pour complice. L’ex-avocat de Ben Chetrit n’a-t-il pas profité de
son statut pour tuyauter Naciri? Cette version des faits a été retenue comme un élément à charge contre
Bnou Hajar. D’autant plus que l’avocat s’est occupé des premières démarches en vue de conclure l’achat
du terrain objet du litige. Même les mainlevées qu’il a remises par le passé à son ex-client révèlent des
ressemblances troublantes avec celles fournies par Naciri.
Faiçal FAQUIHI
Evénement
Analyse

Mafia de l'immobilier: Ramid s'en mêle

h24info.ma Publié le 25/07/2014 | 15h45 | A.C

 

 

 

"Le ministre de la Justice n'a pas essayé de minimiser l'importance de ces affaires. Au contraire, il a mis en garde les propriétaires contre les bandes spécialisées dans l’appropriation illégale de biens immobiliers immatriculés .

 

 

 

La réaction du ministre de la Justice, interpellé sur les affaires de spoliations de biens immobiliers, n'est pas très rassurante.

 

Mardi 22 juillet dernier, Mustapha Ramid est interpellé au parlement par une députée sur les fameuses affaires de spoliation de propriété qui défraient la chronique depuis plusieurs mois au Maroc, et particulièrement à Casablanca, où une véritable "mafia de l'immobilier" est en train d'être démantelée.

Et le ministre de la Justice n'a pas essayé de minimiser l'importance de ces affaires. Au contraire, il a mis en garde les propriétaires contre les "bandes spécialisées dans l’appropriation illégale de biens immobiliers immatriculés".

 

Des dizaines de biens spoliés par une bande Casablancaise.

 

C'est que l'une de ces bandes, composée d'une petite dizaine de personnes -avec certainement des appuis haut placés- a réussi, à l'aide de faux testaments et actes de vente, d'un notaire complaisant et d'un conservateur étonnamment peu regardant, à s'approprier des dizaines de biens, pendant plus de 10 ans et en toute impunité. Des terrains ou villas appartenant surtout à des anciens du Maroc, des MRE ou des étrangers, mais aussi à des Marocains .

 

Finalement, une bonne partie des victimes se sont regroupées dans «l’Association pour le droit et la justice au Maroc, créée il y a près de deux ans, qui recense plusieurs dizaines de spoliations, à Casablanca principalement, mais aussi à Rabat, El Jadida, etc. Et il faudra bien des interventions diplomatiques, des recours, des articles, pour que la justice marocaine s'intéresse enfin à ces dossiers .

Faux papiers, faux testaments, et des changements d'immatriculation

Le modus opérandi de la "bande" implique souvent de faux héritiers et des morts qui signent des contrats de vente. Une personne, qui se présente comme l’héritier, le représentant légal ou le propriétaire du terrain ou d'un bien, le vend (à un prix bien inférieur au marché) à un de ses complices. Le notaire et le conservateur -qui inscrit la vente et procède à la mise à jour du titre foncier- sont toujours les mêmes. D’ailleurs, les mêmes noms reviennent encore et encore. Une dizaine de personnes qui sont tour à tour témoins, héritiers, acheteurs. Une véritable "bande organisée", selon les mots de Maître Messaoud Leghlimi,qui représente plusieurs propriétaires lésés .

 

Un système bien huilé qui s'est cependant écroulé avec les premières condamnations dans l'affaire de la villa "Rêve de crabe": une propriété de 3.400m2 sur la corniche casablancaise qui appartenait à un couple de Français âgés. Leur neveu et héritier, victime de la même bande, s'était vu dépossédé de la villa et avait carrément été accusé "d'abus de confiance et d'escroquerie". Le 13 février dernier, les hommes impliqués étaient condamnés à plusieurs années de prison.

Parmi ces derniers, un avocat, Mtre Redouane Khalfaoui, qui a été radié du barreau de Casablanca le 17 juillet dernier

 

L'étrange conseil "pratique" de Ramid aux propriétaires au Maroc

Du coup, les membres de l'Association pour le Droit et la Justice au Maroc ont accueilli l'intervention du ministre avec joie qu'ils remercient "vivement au nom de toutes les victimes" dans un communiqué, expliquant que "tout ceci contribue à [les] encourager pour la suite".

 

Cependant, une partie de l'intervention de Mustapha Ramid au Parlement laisse perplexe. Il a certes affirmé que "les plaintes présentées par les citoyens victimes de ces opérations ont été examinées" et assuré que "la justice rétablira les victimes dans leurs bons droits et prendra toutes les mesures qui s'imposent à l'encontre de toute personne impliquée dans ces infractions". Mais il a aussi lancé un appel aux propriétaires, qui "doivent consulter les services des conservations foncières une fois tous les 4 ans, conformément au code des droits réels, afin de vérifier si le bien est toujours en leur possession". Un conseil qui ressemble fort à un aveu de faiblesse, puisqu'il laisse entendre qu'aucun propriétaire n'est aujourd'hui à l'abri d'une telle spoliation…

Édition N° 4327 du 2014/07/25

Spoliation immobilière
Le Parlement interpelle le ministre de la Justice

Vos biens ne sont pas à l’abri «des bandes spécialisées»

Fin d’un tabou judiciaire et ouverture d’enquêtes

Procès phares à la Cour d’appel de Casablanca

    

Un avertissement à prendre très au sérieux. Le ministre de la Justice et des Libertés a été interpellé le 22 juillet au Parlement sur les affaires de spoliation de biens immobiliers dont sont victimes des nationaux et des étrangers. Mustapha Ramid a mis en garde contre «des bandes spécialisées dans l’appropriation illégale de biens immobiliers immatriculés». Le ministre étiqueté Parti de la Justice et du Développement a saisi son intervention au sein de la Chambre des représentants pour lancer un appel: «Les propriétaires doivent consulter les services des conservations foncières une fois tous les 4 ans». Le but étant de les pousser à s’assurer s’ils sont toujours légalement détenteurs de leurs biens!
Cette déclaration ministérielle à une portée très significative. D’abord, la spoliation de biens immobiliers  intègre le cercle restreint des affaires d’intérêt national dans la mesure où des parlementaires demandent des explications à un membre du gouvernement. Ensuite, on reconnaît officiellement l’existence de filières spécialisées dans la spoliation de biens immobiliers. Ce qui est en soi un aveu: l’insécurité juridique persiste et les investisseurs y sont très sensibles autant que les classements de Doing business. Cet argument a été d’ailleurs brandi par le parquet dans l’affaire des Brissot et de leur villa «Rêve de crabe» située en pleine corniche casablancaise. Le dossier de ce couple dépossédé de son vivant de ses biens, financiers notamment, a servi de tête de pont pour briser un tabou judiciaire: la spoliation de biens immobiliers, immatriculés de surcroît!
La déclaration du ministre de la Justice a créé l’événement, chez la communauté informelle qui bataille pour rétablir le droit. Moussa El Khal, l’un des dynamos de ce dossier sensible et juriste au cabinet d’avocat ardéchois de Me Vivianne Sonnier, est enthousiaste: «Le Maroc a une ossature, un  squelette démocratique. Il faut maintenant que les muscles agissent» contre l’impunité. Allusion à ces prétentieux prédateurs et leurs complices qui ignorent ou feignent d’ignorer qu’une justice existe et qu’il n’y a pas de crime parfait.
Le faux et usage de faux fait des miracles pour transférer à partir des titres fonciers la propriété d’un bien. Titres fonciers qui de l’aveu même de plusieurs notaires et avocats ne sont pas toujours aussi accessibles qu’on le croit. A moins que vous ayez vos réseaux, et ce qui va avec, au sein d’une conservation, d’un cadastre.

Un conservateur accusé

Mustapha Ramid, chef du parquet en sa qualité de ministre de la Justice, se base sur les plaintes déposées entre 2012-2013 à Casablanca par des victimes. Il assure lors de son intervention auprès des élus de la nation que «la justice rétablira les victimes dans leurs droits et prendra les mesures qui s’imposent à l’encontre de toute personne impliquée dans ces infractions». Et il y en a, y compris au sein de la famille judiciaire. Radouan Khalfaoui, avocat de profession, a été condamné en février 2014 par la Cour d’appel de Casablanca à un an de prison ferme. Il a été jugé en 1re instance pour abus de confiance et escroquerie. «Sa radiation avec exécution immédiate a été décidée le 17 juillet 2014 par le barreau de Casablanca. La décision prendra effet même s’il fait appel et sera affichée dans les tribunaux», rapporte Me Massaoud Leghlimi. Il est l’un de ses contradicteurs dans l’affaire du Dr Brissot et où un notaire a également écopé de 12 ans de prison pour faux en écriture publique. Al Arbi El Mouktafi comparaîtra encore une fois en appel dans l’affaire Brissot. Ce notaire fait face à un autre procès dont la prochaine audience a été fixée pour le 18 septembre par la chambre criminelle de la Cour d’appel de Casablanca. Et où justement le conservateur foncier de Maârif, Abderrahim Amal, est l’un des 3 accusés. Inutile de rappeler le principe de présomption d’innocence.
Datée du 16 juin 2014, l’ordonnance de renvoi du juge d’instruction accuse le conservateur foncier sur la base de l’article 353 du code pénal. Il concerne les juges, fonctionnaires publics, notaires ou adouls ayant commis un faux en écriture publique et qui sont passibles d’une peine de prison à perpétuité. A condition que soit prouvée notamment la mauvaise foi. «D’autres enquêtes sont en cours», selon nos sources. La police judiciaire se rattrape en dépoussiérant de vieux dossiers. Le témoignage du SG de l’Association Droit et Justice au Maroc, Stéphane Vabre, sur cette «guerre des nerfs pour freiner les enquêtes» est assez révélateur (Cf. L’Economiste du 17 février 2014). Fini les temps où des sbires faisaient la pluie et le beau temps? Le crime a la peau dure. Mais le dossier de la spoliation des biens immobiliers prend une tournure qui donne de l’espoir à beaucoup de victimes.

Faiçal FAQUIHI

 

M. Ramid met en garde contre des “bandes spécialisées” dans l’appropriation illégale de biens immobiliers immatriculés


Mardi, 22 juillet, 2014

Rabat- Le ministre de la Justice et des Libertés Mustafa Ramid a mis en garde contre des “bandes spécialisées” dans l’appropriation illégale de biens immobiliers immatriculés.

Le ministre qui répondait mardi à une question à la Chambre des Représentants, a exhorté les propriétaires de ces biens immatriculés à consulter les services de la Conservation foncière une fois tous les quatre ans, conformément au code des droits réels, afin de vérifier si le bien est toujours en possession de son détenteur.

les plaintes présentées par les citoyens victimes de ces opérations ont été examinées et font ressortir des cas d'appropriations illégales à Casablanca au titre des années 2012 et 2013, à fait savoir Monsieur Ramid, assurant que la justice rétablira les victimes dans leurs bon droits et prendra toutes les mesures qui s'imposent à l'encontre de toute personne impliquée dans ces infractions.

 

MAP 222217 JUILLET 2014

MAROC HEBDO INTERNATIONAL 1074 - du 30 mai au 05 juin 2014

Un an après sa création, Marocains juifs, MRE, Français, et autres ressortissants européens s’adressent à l’Association pour le droit et la justice au Maroc, basée en France, pour dénoncer haut et fort un réseau de mafieux spécialisés dans la spoliation des biens immobiliers.

Propos recueillis par Marouane Kabbaj

Maroc Hebdo: Dans quelles conditions et pour quels objectifs l’Association droit et justice au Maroc a été créée?
Stéphane Vabre: La création de l’Association est presque le fruit du hasard, dans la mesure où, étant à la recherche de solutions pour la spoliation de sa succession depuis plusieurs années, Alexandro Segarra, l’actuel président de l’Association, et certains membres de sa famille se sont rendu compte de la multiplicité des dossiers similaires au Maroc.
Après une prise de contact avec le cabinet de Maître Sonier, avocate au barreau de l’Ardêche, à Privas, qui avait la charge de quelques affaires, la création de cette association est apparue comme évidente.

Et qui sont ses membres?
S.V: Les membres sont des Marocains résidant au Maroc, dont des juifs, des MRE, des Français, des Italiens, des Espagnols, des Suisses. Ils ont presque tous un dénominateur commun: la spoliation ou tentative en cours de spoliation de titres fonciers ou autres biens immobiliers (villas, appartements, maisons…).

Avez-vous une liste précise des biens spoliés?
S.V: Nous avons effectivement, pour la plupart des cas qui nous sont soumis, la localisation des biens en question. Toutes les grandes villes sont concernées: Marrakech, Agadir, Tanger, Tétouan, Rabat... et, bien sûr, Casablanca. Nous avons été saisis dans 185 affaires distinctes.

Les victimes appartiennent toutes à une lignée d’héritiers de grandes familles ou tout bonnement des particuliers?
S.V:  La condition de “spolié” n’a pas de “nature propre” et de profil de “victimes types”. Il peut s’agir de terres rurales dont le foncier est visé par des locaux qui ont des ambitions immobilières, comme il peut être question de victimes de certains fonctionnaires, toutes administrations confondues, qui abusent de leur pouvoir pour s’enrichir par des confiscations de biens qui, par la suite, seront revendus à d’autres. Dans d’autres cas, il s’agit de personnes riches, victimes de “proches bien intentionnés” qui exploitent leur état de faiblesse, suite, par exemple, à un deuil.

Par quel moyen établissez-vous l’escroquerie?
S.V: La plupart du temps, les escroqueries sont illustrées et accompagnées de faux actes notariés, de dissonances évidentes sur le prix de vente annoncé pour un bien, ou parfois même par l’absence totale de toute trace de transaction, une fausse immatriculation de titre foncier et ce, bien sûr, avec la complicité de notaires ou de fonctionnaires dans la Conservation foncière ou les tribunaux.

Comment assurez-vous le suivi des dossiers et y a-t-il un feed-back des autorités marocaines?
S.V: Le suivi des dossiers se fait par contact établi, selon la nécessité, avec les cabinets d’avocats partenaires, Maître Leghlimi, avocat au barreau de Casablanca, et Maître Sonier, avec un strict respect du secret professionnel. Nous avons été reçus par les ministres français et marocain de la justice. Il y a 15 jours, le ministre de la justice du Maroc, M. Mustapha Ramid, nous a consacré une audience, ainsi que le premier président de la Cour d’appel de Casablanca, Me El Hassan Gassem. Ces responsables nous ont rassurés et assuré qu’ils veilleront personnellement sur le dénouement de ces dossiers dans de bonnes conditions. Nous avons reçu des signes positifs et donc très encourageants.

Outre les juridictions, quelles autres administrations avez-vous contactées? Etes-vous entrés en contact avec le Cabinet royal?
S.V: Le Professeur Michel Rousset s’est entretenu avec M. Omar Aziman, conseiller de S.M. le Roi Mohammed VI, au sujet de ces affaires de spoliation. Cet entretien s’est déroulé avant que le Pr Rousset n’accepte de devenir le président d’honneur de notre association. Car il a des proches et des connaissances qui ont été victimes de spoliation de biens immobiliers à Tanger.

Dans quel but avez-vous confié la présidence d’honneur au Pr Michel Rousset?
S.V: Nous avons demandé au Professeur Rousset s’il acceptait cette présidence pour plusieurs raisons là aussi évidentes: Son expertise du droit en général, du droit marocain en particulier, ayant participé, entre autres, au cours de sa riche carrière, à la rédaction de la Constitution marocaine, et enfin la caution morale que sa simple présence à nos côtés apporte à l’Association, sont pour nous essentiels.

Sur les 185 dossiers, combien ont été résolus ou sont en cours d’élucidation?
S.V: L’Association a une année d’existence. Sur les 175 dossiers actuels (nous en avons éliminé 10 car ils ne rentraient pas dans le cadre de nos attributions) tous sont en cours et bien souvent “enlisés”, il y a donc beaucoup de travail, mais nous sommes soutenus, et donc confiants!

Peut-on considérer l’affaire Bénitah comme un premier grand succès?
S.V:  Effectivement, l’affaire Bénitah est un succès incontestable de la justice marocaine. Le dossier de Faiçal Kimia, à qui on a dérobé une maison à Casablanca, est un autre avec un jugement favorable rendu en appel. Nous espérons vivement que d’autres dossiers en cours, notamment le dossier de Mme Jmia Gaja, dont Maître Leghlimi, avocat au Barreau de Casablanca, est en charge, connaîtront la même issue, les protagonistes étant désireux de trouver un accord. Mme Gaja, propriétaire d’une maison à Bourgogne, à Casablanca, vit la moitié de l’année en France. La dernière fois où elle a décidé de rentrer chez elle à Casablanca, elle a été choquée de constater qu’un immeuble a été élevé à la place de sa maison. Dans les deux dossiers, Kimia et Gaja, mais aussi dans d’autres affaires (il est question de 22 titres fonciers spoliés), un grand médecin, propriétaire d’une clinique à Casablanca, est impliqué. Plusieurs familles, dont les familles Ranieri et Reig, se sont portées parties civiles dans le procès contre ce médecin.

Avez-vous fait face, dans certaines situations, à des gens influents et puissants? Pouvez-vous nous citer un exemple ou deux?
S.V:  Il y a effectivement des gens influents impliqués dans des dossiers de nos membres. Aujourd’hui, il n’est pas envisageable de citer des personnes tant que certains dossiers sont en cours d’instruction. Ce qu’on constate surtout, c’est que certains noms reviennent systématiquement dans plusieurs dossiers différents. Le fait même que des personnes recherchées par Interpol aient pu rester des années sans être inquiétées provoque un certain effarement presque à chaque fois. Je cite le cas de l’affaire Bénitah, où le principal inculpé, Mostapha Him, était recherché pour trafic de drogue en France. Je citerai aussi le cas

de feu Maître Benabdeljalil Abdelhak. Son cabinet a été cédé après son décès sans inventaire à un groupe d’avocats par le bâtonnier en 1999. Sa veuve, désemparée, avait une confiance aveugle dans les anciens confrères de son défunt mari.

Les spoliateurs sont tous des Marocains?
S.V: Les spoliateurs ne sont pas toujours des Marocains. Ils ont des associés de toutes les nationalités, qui peuvent être des acheteurs fictifs des biens spoliés. En définitive, ce n’est, hélas, qu’un tout petit nombre de Marocains qui nuisent à l’image de tout le pays.

SOCIÉTÉ : Chronique judiciaire Affaire Me Abdelhak Benabdeljalil: une famille spoliée par ses “amis”

source: bladi.net

La mafia de l’immobilier de Casablanca aurait provoqué les incidents du "jeudi noir"

19 mai 2013 - 18h12
La mafia de l'immobilier de Casablanca aurait provoqué les incidents du "jeudi noir"

La mafia de l’immobilier aurait manigancé les actes de hooliganisme du 11 avril dernier à Casablanca, appelé "jeudi noir", pour mettre la main sur le terrain du complexe sportif Mohamed V de Casablanca, selon l’Instance Nationale de Protection des Biens Publics (INPBPM).

Certains supporters Rbatis auraient ainsi été incités à commettre des actes de vandalisme avant le match RCA/ASFAR, afin de pousser les autorités de Casablanca à envisager la destruction du complexe sportif Mohamed V, sous prétexte que son emplacement n’est plus approprié, en raison de la forte densité des quartiers riverains.

Mohamed Ouzzine, ministre de la jeunesse et du sport, avait même évoqué l’éventuelle fermeture du complexe, en réaction aux actes de vandalisme qu’il avait qualifiés de "criminels". Cela ouvrirait la voie à la mafia de l’immobilier pour exploiter ce terrain valant des millions de dh.

Dans une déclaration au quotidien Al Massae, Mohamed Meskaoui, président de l’instance, a affirmé qu’il détient des preuves appuyant ces accusations, dont des vidéos déjà publiées sur Youtube.

Meskaoui a expliqué que l’instance qu’il préside compte empêcher cette mafia de concrétiser son plan qui priverait des dizaines de jeunes de cet espace sportif et éducatif et effacerait une partie de l’histoire de Casablanca.

Il a également évoqué la situation des supporters arrêtés par la police lors de ces actes de vandalisme, jugeant arbitraires les arrestations dont ils ont fait l’objet.

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